REFONDER L'HUMANISME À L'ÉCOLE  !


Appel de l'AFEF à toutes les organisations soucieuses de l'école

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REFONDER L'HUMANISME À L'ÉCOLE  !


L’AFEF vous propose de nous regrouper pour réfléchir tous ensemble : comment résister à la déconstruction de l’école et en retrouver les principes humanistes ? 

Dans un premier temps lors d’une visio le mercredi 13 décembre de 16h-18h. 
Confirmez-nous votre accord et les adresses des personnes de votre organisation disponibles en les inscrivant à la visio. 

 

 

Lire les 8 documents d'accompagnement en ligne :  
Document 1  Pour une gouvernance démocratique
Document 2  Hétérogénéité des publics, un défi
Document 3  Les curricula en question
Document 4  Pédagogie
Document 5  Mission éducative de l'école
Document 6  Les métiers de l'éducation
Document 7  Les environnements sociaux
Document 8  La recherche en éducation et formation

Sommaire

 

  1. Réaffirmons l’humanisme ! Redéfinissons les principes humanistes fondamentaux que l’école doit défendre, coute que coute 

L’horreur d’enseignants tués parce qu’ils représentent l’école et ses valeurs humanistes

  1. Une école en état de grande fragilité 

Des personnels méprisés, des réformes destructrices, une formation anéantie

  1. Organisons la résistance, faisons rempart ! Élaborons collectivement un véritable projet, audacieux, républicain, à la hauteur du rôle central que joue l’école pour l’avenir du pays

Lançons un grand chantier collaboratif de concertation

 

  1. Inventons ! Un nouvel humanisme pour un peu de lumière à l’horizon, un humanisme républicain à la hauteur des enjeux sociétaux d’aujourd’hui

Élaborons une définition de l’humanisme qui donne sens à l’école et soit à la hauteur des enjeux sociétaux

  1. Le diagnostic, docteur ! Avant de proposer, faire l’état des lieux s’impose 

Faire une analyse critique du système en s’appuyant sur la recherche

  1. Discutons ! Les chantiers sont nombreux : bref inventaire 

Reconnaitre le métier enseignant, son éthique professionnelle, créer les conditions d’une véritable égalité des chances et réussites, et d’une véritable solidarité

  1. Interrogeons ! Une question centrale, la plus difficile : réinterroger les curricula 

Repenser les curricula, conjuguer enseignement et éducation, organiser la rencontre avec les savoirs, la culture

  1. Invitons ! À des états généraux pour l’éducation à un nouvel humanisme dans l’école de la République

Un Grenelle alternatif de l’école longuement préparé par tous les partenaires professionnels, associatifs et syndicaux de l’école et de l’université. 

 

 

Ces différents points sont développés dans les pages suivantes

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  1. Réaffirmons l’humanisme !

Redéfinissons les principes humanistes fondamentaux que l’école doit défendre, coute que coute

Et encore une fois, l’horreur renouvelée : l’assassinat d’un enseignant de lettres, les blessures portées à deux autres membres du lycée par un ancien élève, jeune adulte. Le choc. L’émotion est violente, insupportable pour toute la communauté des enseignants et particulièrement la nôtre, celle des enseignants de français dont le métier et l’engagement sont d’enseigner la langue française, l’émancipation par la culture, la lecture, l’écriture. Pour que nos élèves apprennent à penser et vivre ensemble. L’échec est douloureux. L’école, la société française, ses institutions n’arrivent plus à endiguer la violence de ces jeunes adolescents fanatisés par des idéologies mortifères. 

 

Pourquoi cette tragédie ? On connait bien les raisons de cet acharnement du terrorisme islamiste tout particulièrement sur l’école française. Elle est le lieu hautement emblématique du projet humaniste, démocratique, de ce qu’on appelle « l’esprit des Lumières ». Un idéal démocratique dont le socle fondateur s’inscrit sur tous les frontons des écoles en trois mots : liberté, égalité, fraternité. Un humanisme qui prône comme valeur première la liberté de penser, la liberté des opinions, des croyances, les droits égaux à l’éducation pour les hommes, les femmes, les riches et les pauvres, les enfants de nationalité française ou accueillis dans notre pays. Une liberté assise sur le pari d’une vaste culture pour toutes et tous, de savoirs approfondis pour déchiffrer le monde, le questionner, le réinventer avec un esprit critique constamment en alerte, pour résister aux sirènes de fanatismes meurtriers. Des valeurs, hélas, considérées comme hautement dangereuses par des idéologies liberticides aux ramifications multiples. Dans notre société qui défend la laïcité, l’école et ses éducateurs, enseignants et personnels, sont un rempart particulièrement exposé.

 

 

  1. Une école en état de grande fragilité 

Mais soyons lucides, le trauma de cet assassinat sordide, vient allonger une cohorte lente, longue, violente, de difficultés, échecs, délitements du système scolaire français et de ses valeurs fondatrices. Les discours et réponses sécuritaires du gouvernement ne sauraient cacher et tarir l’angoisse des enseignants. Leur colère est profonde. « On court à la catastrophe » aurait confié à un collègue Dominique Bernard le matin même de son assassinat. Rendons hommage à son courage et à sa lucidité ! Comme lui résistons ! 

 

Soyons lucides, l’école de la République est aujourd’hui fragile, ses personnels se sentent attaqués, méprisés, déconsidérés par bientôt sept ans de mesures politiques, dont les visées autoritaristes n’ont d’autres objectifs que de faire des économies coute que coute sur le dos de l’école et de l’université, de les mettre au pas en réduisant leur liberté de penser, en les sanctionnant, en réduisant le rôle et la place des syndicats, en favorisant le développement d’institutions privées, en déstructurant le système par une valse incessante de réformes jamais évaluées malgré des faillites catastrophiques à peine reconnues comme celle du nouveau bac, en supprimant, dénaturant progressivement la formation qui devient transmission d’injonctions erratiques sur des temps de travail personnels hors des temps scolaires. 

 

Faut-il continuer ? Les résultats sont là : le déclin plus qu’alarmant des résultats scolaires au plan international (pour « le pays des Lumières », quelle claque !), le désamour du métier enseignant devenu si peu attractif, le remplacement d’enseignants formés par des vacataires taillables et déplaçables à merci, l’augmentation de la ségrégation scolaire, les impasses des systèmes d’évaluation comme organisateurs du travail et du temps d’enseignement, les portes étroites ou fermées de Parcoursup (les écoles supérieures de commerce, d’ingénieurs, de techniciens supérieurs, etc., à dix mille euros et plus par an se remplissent les poches ! ), l’augmentation de la charge de travail des enseignants (ajout de « briques » ou d’élèves avec des classes de lycée qui viennent de passer à 39 élèves) et la diminution de leur salaire toujours à la queue des pays européens et de ceux de l’OCDE pour une moyenne travaillée de 45 heures par semaine ! 

 

Faut-il continuer encore ? Faut-il ignorer le désespoir de nombre d’adolescents, leurs suicides, les abandons de scolarité, les départs et suicides nombreux, quoique bien cachés, d’enseignants rendus fragiles par ce climat délétère, anxiogène, culpabilisant ? La démocratisation de l’école a rencontré le mur de l’argent, celui de l’aveuglement, des fanfaronnades de nos deux derniers ministres, de nos sénateurs devant les résultats et crises multiples qui ébranlent le système éducatif jusqu’à l’université. L’école s’est aussi heurtée à l’égoïsme du petit monde des catégories sociales favorisées, qui, dans une lutte de classe acharnée, essaient de garder leurs places pour elles et leurs petits, scolarisés, par exemple, à l’emblématique école alsacienne. 


3. Organisons la résistance, faisons rempart !

Élaborons collectivement un véritable projet, audacieux, républicain, à la hauteur du rôle central que joue l’école pour l’avenir du pays

D’autres pays, s’y sont mis avec des avancées impressionnantes (l’Irlande notamment après près de trois ans de concertation). Une telle refondation ne peut être l’œuvre que d’une longue discussion, d’expérimentations, de témoignages. Il faut rassembler tous les acteurs et représentants du système : enseignants, personnel éducatif, médical, divers agents, conseillers d’éducation, formateurs, parents, chercheurs spécialisés, etc., accompagnés et représentés par leurs associations, syndicats, divers collectifs professionnels.

 

Il y a péril en la demeure ! Lançons avec audace un grand chantier collaboratif, mieux renseigné que la pseudo grande consultation lancée par la DGESCO sur demande du ministre qui veut « refonder » l’école avec quelque rustines ou vieux trucs déjà bien usés, une pseudo grande consultation des enseignants en huit semaines, avec, on imagine, un questionnaire individuel pour neutraliser les débats ! Quiconque a fait un peu de recherche quantitative, sait qu’une telle consultation nécessiterait pour être sérieuse, ne serait-ce qu’au niveau de l’élaboration du questionnaire, beaucoup de temps, de discussions avec un large panel de spécialistes de la question, des tests préalables et qu’il faudrait encore des mois pour l’analyser. Mais non, il faut faire vite, un semblant de consultation express et c’est réglé ! Le ministre et quelques technocrates ou pseudo-scientifiques de salon vont décider. 

 

 

 

 

 

  1. Inventons !

Un nouvel humanisme pour un peu de lumière à l’horizon, un humanisme républicain à la hauteur des enjeux sociétaux d’aujourd’hui

Devant le monde changeant et les nuages sombres qui s’accumulent en France et partout dans le monde, une riposte rationnelle, organisée, s’impose pour redéfinir l’humanisme qui a fait la grandeur de la France. Imaginons une définition comme base de discussion de l’humanisme de nos jours. Ce serait celui qui ferait qu’un homme, une femme, quelle que soit son origine sociale, religieuse, ethnique, sa couleur de peau, puisse vivre en paix, éduquer ses enfants, en personne éclairée de la vie et sur sa vie. Une personne avec un pouvoir d’agir, vigilante, engagée, fraternelle et responsable aux yeux de son pays, du monde, de la ville où elle habite, des institutions dont elle est et l’usagère et l’actrice. Une personne bénéficiant d’institutions démocratiques qui doivent la protéger et qu’elle doit préserver.

 

Qu’elle le veuille ou non, qu’elle en soit ou non en partie responsable, l’école, comme l’université, est au cœur du maelstrom de toutes les violences sociales, idéologiques, politiques, dans l’impasse de nos sociétés actuelles. Toutes deux les subissent. Mais elles occupent aussi, la place centrale, là où tout peut se réinventer. L’école est l’avenir de l’humanité ! Ce n’est ni l’économie, ni la finance, ni les calculs ou manœuvres et discours politiciens qui nous sortiront de l’impasse. Il faut apprendre à penser, à agir, singulièrement, collectivement aux générations à venir C’est à nous de faire apprendre à penser, à agir, singulièrement, collectivement aux générations à venir. Un enjeu capital, à la hauteur des savoirs scientifiques d’aujourd’hui, des secousses et drames géopolitiques, climatiques dont nous sommes les témoins, à la mesure des capacités nouvelles de penser, agir en collectif, communiquer dont nous disposons aujourd’hui. Un humanisme à la hauteur de l’homme de demain propre à redonner l’espoir d’une vie pleine, accomplie, engagée.

 

 

  1. Le diagnostic, docteur !

Avant de proposer, faire l’état des lieux s’impose 

Une analyse critique du système actuel s’impose, celui d’une école asséchée, dont les fissures, les manques s’élargissent dangereusement. D’un côté pour comprendre les dérives, les processus insidieux ou violents de ce lent déclin de l’école française, de nos valeurs, l’abandon de cet idéal humaniste transmis par l’école, de l’autre, pour faire l’inventaire des immenses réussites depuis plus de cinquante ans, des avancées qu’ont apportées des dispositifs et des savoirs professionnels efficients. Tout cela a été largement documenté et accompagné par des travaux de recherches et par le travail associatif. Il suffit de lire tout ce qui a été produit en un peu plus d’un siècle. Ce capital ne saurait être jeté à la poubelle négligemment par les lubies de chaque nouveau ministre et ses conseillers particuliers. 

 

Comprendre aussi la perte d’espoir, de sens qui frappe une partie de la jeunesse, mais aussi les plus de cinquante ans au tournant d’une vie, d’un métier aimé et de la perte de leurs idéaux.

 

 

 

  1. Discutons !

Les chantiers sont nombreux : bref inventaire 

Certains sont prioritaires mais tous sont étroitement connectés. 

  • En premier sans doute, reconnaitre le métier enseignant comme pierre angulaire de l’avenir de la nation et à ce titre respecter, former les enseignants, les payer décemment, écouter, respecter le rôle des associations professionnelles et syndicales Tout le reste de l’élaboration d’un grand projet humaniste et politique est affaire de discussions démocratiques, longues, avec tous les partenaires de l’école et tout particulièrement avec la recherche, dans tous les domaines où elle ausculte, écoute le système, cherche des solutions avec les acteurs. 
  • Ensuite, on entre dans le vif du sujet : la définition claire des règles, contrats, responsabilité, éthique professionnelle, de ce que veut dire la liberté de penser, et son corrélat l’esprit critique à l’école, à l’université, pour les enseignants comme les familles, les élèves. Une définition qui exige une réflexion approfondie sur comment on la construit, on l’autorise, on lui donne des méthodes, des instruments de comparaison, de discussion, oraux, écrits (oui, on peut faire des ateliers philo dès la maternelle !). Ce que veut dire le concept de laïcité à l’école dans une société multiculturelle où se concurrencent des discours et sociabilités diverses.
  • Autre question essentielle : une analyse et un état des lieux concret, sur les conditions, dispositifs, nécessaires pour une véritable égalité des chances et des réussites entre les élèves de milieux sociaux, genres, lieux d’habitation ruraux ou urbains. Les travaux de recherche et expérimentations réussies sont nombreux sur la question. À l’heure où le ministre envisage les groupes de niveaux, osons dire haut et fort qu’ils sont aussi inefficaces au plan des apprentissages, qu’inégalitaires et hautement stigmatisants. 
  • Quant à la fraternité avec ce qu’elle comporte de solidarité, partage, reconnaissance, respect de l’autre dans sa différence et singularité, c’est dans le vécu ordinaire des pratiques dans la classe, l’établissement, qu’elle doit se construire. La relation enseignants élèves, élèves entre eux, n’est pas une simple question d’empathie ou de psychologie. Elle est une question de respect et d’écoute partagée (« le prof, quand on travaille en petits groupes avec lui, là il nous connait, il nous comprend », propos d’élèves de 3e). La paix sociale s’apprend dans la classe, s’enseigne, s’éduque dans l’action. Le principe d’autorité ne fonctionne plus à l’ancienne comme dans les sociétés où les enfants et jeunes devaient se taire et baisser les yeux devant les adultes. Il s’agira de questionner, reconstruire nombre de gestes professionnels, postures éducatives pour les ajuster aux évolutions culturelles et sociétales. Un tel chantier nécessite un effort conséquent de réflexion, innovation, recherche collaborative dans les établissements et donc des dispositifs de formation initiale et continue conséquents. Bref, un immense effort de formation à tous les niveaux, y compris hiérarchiques de l’institution.

 

 

  1. Interrogeons !

Une question centrale, la plus difficile : réinterroger les curricula 

Le cœur d’un tel projet humaniste est à penser avec Rabelais, Montaigne et Rousseau. La mission centrale des enseignants, une mission qui conjugue enseignement et éducation est d’organiser avec les élèves la rencontre avec les savoirs, la culture. Qu’est-ce ce qu’ils peuvent en comprendre, en faire, pour explorer le monde. Une rencontre qui n’est pas gagnée facilement. Pour les enseignants de français, le constat est rude : les élèves de collège, de lycée ne lisent plus, du moins la littérature enseignée. Certains en quête d’un sens que l’école ne leur permet plus de construire dans les cours retournent à différents textes diffusés sur les réseaux sociaux, notamment les textes sacrés, bibliques ou autres (selon une enquête récente). Quel sens, quel intérêt les élèves portent-ils aux différentes matières enseignées ? Curiosité ? Envie de savoir pour grandir, stratégie pour passer dans la classe supérieure, ou, version négative, renforcement d’un sentiment d’incompétence, d’inutilité de ce qu’on apprend, sensation d’inadéquation avec leurs propres préoccupations, identitaires, familiales, sociétales, culturelles ?

 

Ne faut-il pas, comme l’affirme, avec bien d’autres, Charles Hadji « repenser les curricula en visant moins la pluralité des savoirs (les disciplines enseignées pour elles-mêmes) que ce que chaque discipline peut offrir comme méthode de recherche, attitude de travail en matière de formation et structuration de l’esprit » (The conversation, 20/10/2023) ?

 

Là git sans doute une question profonde, à explorer. Comment redonner du sens aux apprentissages en les replaçant à la fois au cœur et à distance des problèmes que les sociétés contemporaines doivent affronter ? (Quitter le pays ? aller vivre ailleurs que sur terre, se demandent même certains… ) 

 

D’autres questions s’ensuivent. Elles devront interroger la mise en œuvre de ces curricula repensés : ce sont des questions précises, d’ordre pédagogique, portant sur des savoir-faire complexes des gestes professionnels didactiques spécifiques. Elles devront interroger les effets dévastateurs ou formateurs pour les élèves des systèmes d’évaluations constantes, reposer la question des temporalités longues nécessaires aux apprentissages (celui de la lecture et l’écriture dure toute une vie !), l’importance de cycles, de divers regroupements, formes scolaires, l’interdisciplinarité nécessaire pour aborder lentement et tranquillement des sujets complexes, des projets, situations problèmes, analyses de cas à inventer pour mettre en scène les savoirs et les évaluer, pour susciter l’attention, un engagement long dans les tâches, etc. 

Les techniques d’information, d’acculturation, avec le numérique ne cessent d’évoluer. Pour le meilleur et pour le pire. Les outils pour apprendre et entrer en réseau avec le monde sont dans chaque poche. Il faut s’y préparer collectivement et ne pas laisser les institutions privées en faire un marché juteux. En faire un vrai marché de la connaissance, fiable, est un défi nouveau pour nos sociétés.

 

On arrête ici provisoirement l’inventaire nécessaire des discussions nécessaires pour ouvrir le chantier d’une refondation de l’école et de son humanisme pensés démocratiquement.

 

  1. Invitons !

À des états généraux pour l’éducation à un nouvel humanisme dans l’école de la République

Ce texte est une invitation pressante à agir collectivement pour dire NON ! NON à la destruction de l’école et à la dévalorisation des enseignants qui sont en cours.

Cette invitation, dans un premier temps, pourrait prendre la forme d’un Grenelle alternatif de l’école longuement préparé par tous les partenaires professionnels, associatifs et syndicaux de l’école et de l’université.

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Soumis par   le 24 Octobre 2023