Webinaire : Enseigner le français à l'heure de l'IA


scribe

 

Le 28 janvier 2026, dans le cadre des Mercredis de l'AFEF, s'est déployé un webinaire animé par Jean-Michel Le Baut (professeur de lycée, AFEF) et AMarie Petijean (professeure en littérature française et création littéraire, CY Cergy Paris Université).

Question posée : L’Intelligence Artificielle Générative constitue-t-elle pour l’Ecole et pour notre discipline en particulier une menace, une chance ou un nouveau défi ? 

Le webinaire s'est plus particulièrement attaché à explorer le travail de l'écriture à l'heure de l'IA. Car telle est sans doute la principale inquiétude : tout élève peut désormais demander à une IA de rédiger à sa place, ce qui représente potentiellement une triste paresse cognitive, une fâcheuse régression des compétences d’écriture, un désolant appauvrissement de la pensée et du style. Comment garder de la combativité pour que l'aventure de l'écriture revive dans les classes ?

Des pistes de travail ont été tracées : 

  • Utiliser l'IA générative pour générer l'écriture
  • Utiliser l'IA générative pour accompagner l'écriture
  • Amener l'élève à guider l'écriture de l'IAG
  • Favoriser la réécriture à partir du brouillon de l'IAG
  • Comparer les écritures : textes littéraires, créations d'élèves, propositions IAG

AMarie Petitjean a présenté une expérimentation d'écriture avec IAG menée  dans le cadre d'une formation universitaire de création littéraire. Elle en a tiré quelques enseignements :

  • l'IA est en train de devenir un mode possible de création contemporaine, jusqu'à rendre public le processus de création 
  • cela fait longtemps que la technologie transforme nos manière d'écrire
  • il nous convient de nous décaler des attentes normatives, de valoriser l'erreur, la faille, l'hésitation 
  • le travail créatif avec l'IAG oblige à conscientiser des critères de rédaction plus aboutie, à affiner ses représentations du littéraire.
  • il est pertinent d'amener l'élève à adopter non seulement une posture d'auteur·e mais aussi une posture d'enseignant·e à l'égard de la machine 
  • "l'insatisfaction des lecteurs (Nathalie Brillant-Rannou) s'avère "un moteur pour écrire"

Le webinaire s'est aussi efforcé de poser la question de l'évaluation, dont le jeu est quelque peu brouillé par les possibilités nouvelles de copier-coller. Des pistes en la matière ont été tracées :

  • conscientiser et responsabiliser les élèves à travers des réflexions collectives sur les limites entre ce qui est pertinent et ce qui est inapproprié 
  • contractualiser par des chartes d'usage
  • diversifier les types de travaux pour dépasser les normes scolaires trop facilement reproductibles, par exemple en français : carnet personnel de lecture/écriture/culture ; "recherche-création" combinant écriture créative et analyse de celle-ci ; dossier génétique d'un texte rassemblant et analysant les variantes successives ; lecture croisée de documents d'origines et natures variées ; "essai" s'émancipant des codes traditionnels ; productions multimédias...
  • favoriser de nouveaux critères d'évaluation : l'originalité, la qualité des interactions avec l'agent conversationnel et des rétroactions sur celles-ci, l'engagement personnel, l'exploitation de ressources complémentaires et identifiées...

 

Miroir

 

Conclusion :

"L’Intelligence Artificielle Générative n’est ni une catastrophe ni une baguette magique pour l’enseignement du français.


L’IAG est plutôt un miroir pour notre matière : elle nous oblige à regarder en face nos failles, nos rides, nos échecs, nos réussites, nos idéaux, nos possibles ; elle nous conduit à un travail d’introspection, dérangeant et stimulant.


Elle est aussi une invitation à entreprendre (enfin, diront beaucoup d’entre nous) une transition pédagogique. Il nous faut passer du culte du texte (fermé, sacralisé, extérieur à soi) à des pratiques de textualisation (de manipulation, de comparaison, de transformation, de  production... de textes). Autrement dit, il nous faut passer d’une culture de l’écrit à une culture de l’écriture, susceptible de mettre en action et en réflexion des pratiques langagières diverses, tout à la fois linguistiques, littéraires, scolaires, numériques, si possible d’ailleurs en les articulant. Ce qui constitue aussi une voie vers une culture de la publication, mais ceci est encore une autre histoire..."

 

Croisée


 

Les liens du webinaire

Quelques ressources complémentaires

 

Soumis par   le 29 Janvier 2026