Le ministre de l'éducation nationale, Gilles de Robien, qui clôturait un séminaire sur l'apprentissage de la lecture, jeudi 9 mars, a fait le point sur la circulaire "apprendre à lire", qui doit permettre de bannir des salles de classe toute méthode globale ou assimilée (Le Monde du 6 janvier). Par Martine Laronche ( Le Monde daté du 11 mars 2006)
Dans le débat sur les méthodes de lecture, des chercheurs ont été sollicités pour étayer les positions du ministre : de quelles connaissances scientifiques disposent-ils pour définir les bonnes pratiques d'enseignement ?

Les récentes prises de position du ministre de l'Éducation nationale concernant les prétendus effets de la méthode globale sont pour le moins surprenantes (Le Parisien, 08/12/05). Encore une fois, certains responsables politiques semblent plus enclin à emboîter le pas à des thèses réactionnaires et sous-informées qu'à prendre le temps et la distance nécessaires pour prendre les décisions qui s'imposent (voir les questions au gouvernement et les réponses fournies lors de la session de l'Assemblée nationale du 23/11/05, à la suite de la diffusion du reportage de France 2 du 15/11/05). Il est également étonnant de constater qu'un ministre de la République ignore les textes qu'il a pourtant signés et qu'il est censé défendre.

Face à la série de contre-vérités sur les méthodes de lecture énoncée par l'entourage du ministre de l'Éducation, notre profession n'est pas restée sans réponse et nous pouvons nous en réjouir en ce début d'année 2006. Elle a rappelé au pouvoir public comme à l'opinion (Le Monde, Libération, Le Café pédagogique) que la question théorique des méthodes de lecture restait marginale face à la pratique empirique des enseignants.