L’oral, questions de langages - le Grand oral - Partenariat APMEP


20 janvier et 17 mars – 17h-18h30 – En ligne 

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« Les Mercredis de l’AFEF » - Partenariat APMEP

 

20 janvier et 17 mars – 17h-18h30 – En ligne 

 

  • L’oral, questions de langages - le Grand oral[1]

 

La révision des programmes de lycée et du baccalauréat, dont la première session aura lieu en cette année scolaire 2020-2021 a inclus comme épreuve terminale un Grand oral portant sur deux spécialités. Les professeur·e·s de français seront peu convoqué·e·s pour sa préparation, malgré les recommandations qui avaient été faites par l’AFEF à la Commission Mathiot. Et, alors que cette épreuve a pour objectif d’évaluer les aptitudes des élèves à argumenter, exposer ses connaissances, échanger, aucun temps spécifique de formation n’est prévu pour y préparer les élèves.

 

Le danger que nous voyons poindre est que ce Grand oral soit résumé à :

  • une épreuve d’éloquence, pour laquelle on risque de convoquer des formations extradisciplinaires et extrascolaires, certes utiles mais peu adaptées à la situation et au temps dont disposent tous les élèves ;
  • une récitation de leçon, que les élèves auront plus ou moins apprise selon leurs capacités, et qui n’évaluera ni leur véritable compréhension des savoirs exposés, ni leur aptitude à argumenter.

 

Quelles questions se posent les professeurs des différentes disciplines, notamment en mathématiques, pour préparer leurs élèves à ce Grand Oral ? Quel rôle peuvent et doivent jouer les professeurs de français, dans une perspective interdisciplinaire, pour contribuer à cette préparation des élèves à l’oral ? Pour que l’oral ne soit ni cette épreuve d’éloquence, ni cette récitation de leçons, cela suppose de travailler le cœur de toute intervention orale : ses aspects langagiers. L’entrée par les langages, dans toutes les disciplines, est le premier domaine des programmes de 2015 des cycles 2 à 4, « Les langages pour penser et communiquer ». L’oral est le premier domaine développé dans la partie disciplinaire français, qui en fait une compétence majeure avec des orientations interdisciplinaires.

 

Comment travailler dans une perspective interdisciplinaire afin de faire de l’oral un véritable enjeu d’apprentissage ? Comment le français peut-il contribuer à mobiliser les enjeux langagiers d’une épreuve orale ?

 

La rencontre en ligne privilégiera le débat interdisciplinaire, notamment entre mathématiques et français, et s’appuiera sur des expériences d’oral et des apports issus de la recherche. Elle est ouverte aux professeur·e·s des différentes disciplines.

 

(L'APMEP est l'association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public)
 

 

S'inscrire aux rencontres : afef.contact@gmail.com

Lien de connexion pour le 20 janvier
https://us02web.zoom.us/j/83487108624
(ID de réunion : 834 8710 8624)

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Problématisation

L’objectif de la rencontre en ligne est d’ouvrir largement le débat, à partir des préoccupations des collègues. Ces éléments de réflexion serviront à amorcer le débat. 

 

Le Grand Oral, introduit dans l’évaluation du baccalauréat général et technologique à partir de la session 2021 suscite un certain nombre de questions :

  • Le choix du nom « Grand Oral », calqué sur celui de Grandes écoles comme Science Po, charge cette épreuve d’une connotation élitiste, le bachelier moyen étant censé se comporter comme un « Élève de Grande École ». Ce sera à la portée d’un certain nombre d’entre eux, ceux qui sont le plus à l’aise avec la communication orale, parce qu’ils ont appris, dans, mais le plus souvent hors l’École comment parler de leurs savoirs scolaires. Rendre cette capacité accessible à tous aurait supposé de faire entrer dans les programmes des temps de formation spécifique à une présentation orale, différenciée selon les nécessités et pratiques langagières des disciplines et des temps de formation en situation d’apprentissage pluridisciplinaire. En partant de quelques pseudoévidences :
    • qu’il suffit de donner quelques trucs aux élèves pour qu’ils se débrouillent à l’oral ;
    • que l’oral c’est une question d’aptitude personnelle, c’est « inné » ou non, ça ne s’apprend pas ;
    • que si les élèves apprennent bien leurs leçons transformées en fiches, ils seront capables de se débrouiller ;

      les programmes font perdurer une forme de connivence qui fonctionne avec les élèves qui ont les codes, mais laisse les autres, peut-être les plus nombreux, très démunis et déstabilisés.
  • Une préparation sérieuse et efficace d’un oral tel que celui présenté sous le nom de « Grand oral » ne peut pas se réduire aux items de la fiche mise à disposition sur le site du ministère, réunis sous 5 entrées aussi vastes que vagues : Je prépare l’épreuve – je travaille mes sujets – je prépare l’échange avec le jury – je me prépare physiquement et mentalement – je m’entraine. Ces items donnent à penser qu’il suffirait d’apprendre et de s’entrainer pour être capable de passer un oral, entrainement et capacité d’apprendre transposables dans tous les domaines, toutes les disciplines, un savoirfaire acquis une fois pour toutes. Or, il n’y a pas d’oral en soi, mais un oral des disciplines, et c’est cet oral des disciplines qu’il est indispensable de préparer avec les élèves.
     
  • L’oral des disciplines pose la question de la fonction de l’oral par rapport à la discipline : des interactions langagières dans la classe – un oral métacognitif, une réflexion sur… qui explicite les sousentendus ; un oral pour penser, et pour penser ensemble ; l’oral qui s’installe dans la classe pour comprendre et élaborer la pensée, par un dialogue réflexif, et non l’oral du prof auquel répondent de très brefs temps de parole de quelques élèves. 
     
  • Les questions didactiques qui en découlent sont : comment penser l’oral dans ma classe ? Quelles pratiques langagières dans la classe ? Quelle place pour le débat, la collaboration ? Comment oser l’oral pour passer des tâches scolaires à de la pensée ? Comment le prescrit est modelé par la réalité du terrain. Les profs sont les maillons du système, il y a la prescription, et ce que les profs en font, la prescription est modelée sur le terrain, par les pairs qui s’ajustent au réel. 
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Soumis par   le 16 Décembre 2020