Association française pour l’enseignement du français

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    Juil

    Littérature, langages et politiques - Quel humanisme, quelle littératie critique, quel engagement pour les enseignants ?

    Journée de réflexion de l'AFEF - 14 octobre 2017 - Paris

    Littérature, langages et politiques
    Quel humanisme, quelle littératie critique, quel engagement pour les enseignants ?

    AFEF – 14 octobre 2017 - Collège Aimé Césaire - Paris 18ème
    (2, esplanade Nathalie Sarraute, près de la rue Pajol)

     

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    Présentation

    Les gouvernements changent, et avec eux les orientations des Ministères de l’Éducation. Pour cette rentrée, notre ministre n’annonce pas de réforme – aux effets toujours redoutés – mais un nouveau coup de balancier balaie les efforts de ces dernières années, sans que les véritables enjeux n’aient été exposés ni discutés. Depuis dix ans, des changements de positionnement majeurs se sont succédé, auxquels nous avons cru. Et nous voici, une fois de plus, déstabilisés par les annonces ministérielles, voire ébranlés dans nos convictions professionnelles. Alors que nous avons besoin de stabilité pour répondre à la question posée à l’École aujourd’hui, bien au-delà des agendas politiques, comment permettre à une génération d’élèves de penser le monde nouveau dans lequel ils vont vivre, de penser pour agir, s’engager et s’exprimer en tant qu’hommes et femmes responsables du devenir de nos sociétés ? Cette question philosophique, didactique et professionnelle, qui nous concerne directement en tant qu’enseignants de français, est la question politique dont nous voudrions débattre.

    Comment en effet penser, ou plutôt repenser, l’importance et les finalités de l’enseignement des langages et de la littérature, de l’oral et l’écrit, aujourd’hui et pour les dix ans à venir ? Comment devons et pouvons-nous accompagner, éduquer et former des enfants, adolescents et jeunes adultes aux prises avec un monde dont les repères traditionnels, moraux, politiques, familiaux, technologiques, culturels, sont bouleversés ? Nous laissons, sous prétexte d’impuissance, s’accroitre les écarts entre les plus riches et les plus pauvres, et les inégalités qui en découlent, dans la société et à l’école. Ne sommes-nous donc pas capables d’outiller les élèves qui nous sont confiés pour qu’ils puissent développer leur pensée critique ? N’est-il pas dans notre rôle d’enseignants de français de leur faire prendre conscience des évolutions sociétales ? Et de les faire réfléchir aux valeurs portées par les mots qu’ils emploient et par leurs pratiques culturelles ?

    Chargés de l’enseignement de la langue et des langages, il nous revient de questionner les mots et les discours. Quand les mots les plus banals, liberté, autorité, responsabilité… se vident de leur contenu ou sont détournés ; quand les discours médiatiques, politiques, scolaires deviennent opaques, que les discours scientifiques sont dévoyés pour alimenter des théories complotistes sur les réseaux sociaux, que les discours littéraires et philosophiques sont rangés au rayon café du commerce, il est urgent de les questionner. Et d’outiller nos élèves, au quotidien. À condition que l’outillage ne soit pas uniquement grammatical, discursif ou stylistique, mais qu’il interroge l’idéologie, les valeurs, le point de vue qui s’affirme ou se déguise derrière les mots et les discours.

    Chargés de l’enseignement de la littérature, il nous revient aussi d’en questionner les finalités. Enseigner la littérature aujourd’hui, dans nos classes, est-ce former des lecteurs engagés ? Nos bibliothèques contiennent un matériau, culturel-langagier, d’une puissance rare. Fenêtre ouverte sur les mondes d’aujourd’hui et d’hier qu’elle relie, la littérature nous donne à observer les êtres humains, comprendre les réalités, les injustices, « l’héroïsme », les engagements, entrer dans d’autres cultures et systèmes de pensée grâce au tamis de l’expérience fictive. Genres nobles et populaires, roman, poésie, théâtre, œuvres contemporaines et classiques, françaises et étrangères : les atouts de la littérature sont immenses ; sommes-nous prêts à infléchir notre regard pour former des lecteurs engagés et responsables, soucieux de faire vivre un patrimoine, mais aussi de le bousculer pour se construire, se comprendre et comprendre le monde ?

    En charge de tous les élèves, quel que soit leur degré de réussite et leur intérêt pour l’école, comment vivons-nous les décrochages partiels ou plus radicaux qui renvoient une partie d’entre eux dans les cordes ? Nous connaissons bien les répartitions habituelles, une proportion à peu près stable d’élèves avance dans le système scolaire sans trop de difficultés, puis, leur bac en poche, se heurte à une université qui explose sans avoir prévu leur arrivée ; une autre quotité d’élèves, auxquels l’école n’apporte pas de réponse qui leur parle, se promène de dispositif en dispositif, certains trouvent un espace quelque part, dans l’enseignement professionnel par exemple, d’autres non. Pour ces derniers, quel sens ont les mots et discours de l’école ? Quand nous n’avons pas pu éviter les décrochages, de quels moyens disposons-nous pour qu’ils ne démarrent pas dans la vie totalement démunis des langages et de la culture dont ils ont besoin pour lire, comprendre et construire le monde ?

     

    À cette rentrée 2017, l’AFEF s’interroge sur les incidences de certains choix politiques, à court et long terme, sur les pratiques langagières et littéraires : pourquoi, dans la durée, parier sur les programmes curriculaires et les cycles ? Comment le lycée entre-t-il dans le continuum du socle commun ? À une période où l’autonomie prend des significations différentes dans le vocabulaire politique et dans nos classes, quel type d’autonomie visons-nous pour nos élèves dans une formation langagière et littéraire ? Comment faire du numérique, de plus en plus présent dans nos sociétés et la vie de nos élèves, un levier des humanités ?

    Une table ronde examinera ces questions dans l’ensemble de la carrière scolaire, en s’appuyant sur les spécificités de l’enseignement du français – langages et littérature –. Les enfants, les adolescents, viennent à l’École avec des besoins et attentes pédagogiques, culturels, sociaux larges et divers, auxquels le système scolaire peine à répondre. La lecture, l’écriture, la parole devraient aider les jeunes à mobiliser leurs capacités pour se construire, s’engager, se socialiser – et explorer leurs voies de réussite. Certains les trouvent dans le système scolaire, d’autres du côté du lycée professionnel, d’autres encore aux marges de l’École, dans des partenariats avec des associations. La table ronde réunira … (Les intervenants seront indiqués bientôt)

    Ensuite, Philippe Meirieu nous invitera, notamment à partir des débats et réponses développés par la table ronde, à réfléchir sur les discours et les décisions récentes en matière d’éducation ; il prendra en compte les usages du numérique et les questions-titre de la journée : Littérature, langages et politiques ; quel humanisme, quelle littératie critique, quel engagement pour les enseignants ?

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